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Officiers de l'Ordre

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Rita Letendre

L’expression de la vie

Peintre de réputation internationale, Rita Letendre a passé sa vie à chercher. Et que cherchait-elle cette grande dame? À exprimer la vie. Plus ambitieux encore : à comprendre l’univers. Son parcours, aussi étonnant qu’atypique, est celui d’une femme simple, joviale et toujours très alerte à 88 ans.

Rita Letendre est née dans la région en 1928, d’un père québécois et d’une mère d’origine amérindienne (abénaquise).

Après avoir déménagé à Montréal et fait des études en arts, son œuvre évolue au contact de différents mouvements artistiques, dont celui des automatistes de Paul-Émile Borduas. Ses nombreuses expositions au Canada de même qu’à l’étranger ont fait d’elle une artiste incontournable de l’après-guerre.

Au fil de sa carrière, elle a séjourné en France, en Italie, en Israël et aux États-Unis (New York et Los Angeles) pour enfin s’installer à Toronto en 1970.

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Évoquant son style de vie nomade, Rita Letendre estime qu’elle a fait ce qu’il fallait faire. « Comme je suis peintre, j’ai suivi ma carrière. Tout a débuté à Montréal où j’ai commencé à me faire connaître un peu. J’ai ensuite déménagé à New York, puis à Los Angeles », raconte cette femme inspirante.

Sa carrière se caractérise par une grande cohérence qui l’a menée d’une abstraction gestuelle structurée au hard-edge et à l’abstraction géométrique, période durant laquelle elle développe son motif de prédilection : la flèche. Dès lors, son œuvre a progressé vers une nouvelle gestuelle de l’oblique, où la puissance dramatique des couleurs et le dynamisme des compositions demeurent des constantes. Animée d’une énergie exemplaire, elle a travaillé avec divers médiums et techniques, dont l’huile, l’acrylique, la caséine, l’aérographe, le pastel et la sérigraphie. Entre 1965 et 1980, elle réalise plusieurs fresques murales extérieures au Canada et aux États-Unis, qui lui valent une solide réputation.

Tout au long de sa carrière, cette artiste créative a remporté de nombreux prix et titres. L’un d’eux, obtenu en 2010, est le Prix du Gouverneur général du Canada, soit la plus haute distinction accordée aux artistes en arts visuels au pays.

Il y a un peu plus de trois ans, en raison de problèmes liés à sa vue, Rita Letendre a malheureusement été contrainte de cesser de peindre.

« Je ne peins plus. Je ne vois plus assez bien. Faire des conneries, ça ne m’intéresse pas » laisse tomber cette artiste émérite qui, sa vie durant, a cherché à « exprimer le mieux possible » sa pensée.

Questionnée à savoir ce qu’elle aimerait que les gens retiennent d’elle, la réponse ne se fait pas attendre. « Que j’ai exprimé la vie dans mes tableaux! La vie dans ce qu’elle a de plus intense! C’est ce qui est important. Et le fait que j’ai toujours été très énergique », souligne cette peintre notamment représentée à Montréal par la très prestigieuse Galerie Simon Blais.

Drummondville

À propos de sa nomination au titre d’Officière de l’Ordre de Drummondville, Rita Letendre se dit très heureuse. « Je suis partie très jeune de Drummondville, souligne-t-elle. Mes parents ont déménagé à Montréal alors que je n’avais pas encore 20 ans. J’ai cependant eu un frère qui y est resté assez longtemps. Je me souviens que nous avons aussi demeuré au centre-ville, tout près d’une église. C’est une ville que je trouvais jolie et… amicale. »

Le fait qu’elle ait quitté tôt sa ville natale n’atténue pas du tout son plaisir d’être en lice. « Cette nomination me fait très plaisir », assure-t-elle. « Je ne saurais dire jusqu’à quel point Drummondville m’a influencée, mais tout ce qu’on vit dans l’univers, on l’exprime plus ou moins. »